Comment calculer les frais de notaire pour un achat immobilier ?
Comment calculer les frais de notaire pour un achat immobilier ?
Lors de l’achat d’un bien immobilier, une question revient toujours : combien faudra-t-il payer au notaire?
Lorsqu’on compare les prix des biens immobiliers avant un achat, on se concentre presque toujours sur le prix affiché. Les frais de notaire sont souvent sous-estimés, voire totalement ignorés dans les calculs.Pourtant, ils peuvent représenter une bonne surprise dans certains cas, tout comme une mauvaise s’ils ne sont pas anticipés.
Comprendre leur fonctionnement permet donc d’éviter les écarts de budget et d’aborder son projet immobilier avec sérénité.
Loi de finances 2025 : Réduction des frais de notaire
La loi de finances 2025 prévoit une baisse des frais de notaire pour les personnes qui achètent leur premier logement, pour les aider à devenir propriétaires.
Cette baisse peut aller jusqu’à 15 % des taxes d’achat pour un logement principal, si le prix ne dépasse pas 300 000 €.
Pour être éligible, l’acheteur ne doit pas avoir été propriétaire au cours des deux dernières années et le bien doit être occupé à titre de résidence principale.Concrètement, pour un logement à 200 000 €, les frais de notaire peuvent passer d’environ 14 000 € à 11 900 €, soit une économie de 2 100 €.
Attention, cette réduction s’applique uniquement aux taxes et droits d’acquisition, et non aux honoraires du notaire ni aux frais annexes.C’est donc une bonne occasion pour les primo-accédants de réduire le coût total de leur achat, d’optimiser leur budget et de sécuriser leur premier achat immobilier.
Qu’est-ce que les frais de notaire ?
Les frais de notaire, aussi appelés frais d’acquisition ou droits de mutation à titre onéreux, sont les frais à régler lors de l’achat d’un bien immobilier, tel qu’un appartement ou une maison.
La majeure partie de cette somme est constituée d’impôts et de taxes, et seule une petite partie revient réellement au notaire.
C’est le notaire qui collecte ces frais, donc on parle souvent de « frais de notaire ». Mais en réalité, il ne garde qu’une petite partie. Ces frais comprennent trois grands éléments :
- Les droits d’enregistrement : ce sont des taxes et impôts reversés à l’État et aux collectivités locales
- Les frais et débours : sommes avancées par le notaire pour le compte de l’acheteur (documents, formalités administratives, etc.)
- Les émoluments du notaire : il s’agit de la rémunération du notaire
Les honoraires du notaire ne représentent que 15 à 20 % du total. La plus grande partie correspond aux taxes.
Quels critères déterminent les frais de notaire pour un prêt immobilier ?
Quels critères déterminent les frais de notaire pour un prêt immobilier ?Lorsqu’on achète un bien immobilier, le montant des frais de notaire ne dépend pas d’un seul facteur.Il résulte de plusieurs critères liés à la fois au bien acheté et au mode de financement choisi.
- Type de logement
- Prix d'acquisition du bien
- Localisation
- Type de garantie choisie
- Nature du prêt :
Les frais de notaire varient selon le type de bien: ancien, neuf ou terrain à bâtir. Un bien ancien a des droits de mutation plus élevés, ce qui augmente les frais, tandis qu’un bien neuf bénéficie d’une fiscalité plus légère.
Le prix d’achat du bien compte aussi. Plus le bien est cher, plus les frais de notaire sont élevés. Chaque département a son propre taux de droits de mutation. Ainsi, pour un bien au même prix, les frais de notaire peuvent changer selon le département.
Le type de garantie choisi pour le prêt immobilier influe également sur les frais de notaire. Une hypothèque classique coûte plus cher, car elle demande un acte notarié spécial. L’hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers coûte souvent moins cher, mais elle ne s’applique pas toujours.
Le type de prêt choisi a également un impact. Un crédit immobilier classique entraîne des frais standards liés à la garantie. Certains prêts aidés, comme le prêt à taux zéro (PTZ) ou le prêt d’accession sociale (PAS), permettent de payer moins de frais.
Ces aides peuvent réduire une partie des frais de notaire, notamment pour les garanties.
Qui paie les frais de notaire lors d’un achat immobilier ?
Dans le cas général, les frais de notaire sont intégralement à la charge de l’acheteur.Ils s’ajoutent donc au prix de vente du bien et doivent être payés lors de la signature finale.PS : Il existe un cas particulier appelé la vente en acte en main, où le vendeur prend en charge les frais de notaire.Ce mécanisme est toutefois rare et doit être clairement stipulé dans le compromis de vente.Maintenant que l’on sait qui paie les frais de notaire, voyons ensemble comment les calculer concrètement.
De quoi sont composés les frais de notaire ?
Le montant des frais de notaire dépend surtout du type de bien acheté, mais il comprend en général trois éléments principaux :
- Les droits d’enregistrement (droits de mutation) : ce sont des taxes et impôts reversés à l’État et aux collectivités locales
- Les frais et débours : sommes avancées par le notaire pour le compte de l’acheteur (documents, formalités administratives, etc.)
- Les émoluments du notaire : il s’agit de la rémunération du notaire
Il y a deux cas différents, car les frais ne sont pas les mêmes pour un bien ancien ou pour un bien neuf.
1. Les droits de mutation (la plus grosse part)
Les droits de mutation constituent la part la plus importante des frais de notaire. Ce sont des taxes reversées à l’État et aux collectivités locales, et non au notaire.
Ils s’appliquent uniquement aux biens anciens et leur taux varie selon le département, entre 5,09 % et 6,31 % du prix du bien.
En pratique :
- Environ 5,09 % dans quelques départements (ex. Indre, Morbihan, Mayotte)
- Environ 5,80 % dans la majorité des départements
- Jusqu’à 6,31 % dans certains départements comme Paris, les Bouches-du-Rhône ou la Haute-Garonne
2. Les émoluments du notaire (sa rémunération)
Les émoluments du notaire correspondent à sa rémunération pour rédiger et authentifier l’acte de vente.Ils sont strictement réglementés par un barème national, calculé par tranches dégressives en fonction du prix du bien. Voici le barème pour les programmes comprenant jusqu’à dix logements
Tranche du prix du bien
Taux applicable (depuis le 1er janvier 2021)
De 0 € à 6 500 €3,870 %De 6 500 € à 17 000 €1,596 %De 17 000 € à 60 000 €1,064 %Plus de 60 000 €0,799 %
3. Les frais de formalités et débours
En plus de l’acte de vente, ces frais couvrent les démarches administratives effectuées par le notaire, telles que les documents, le cadastre ou l’hypothèque.Ils incluent notamment les coûts liés aux documents officiels, aux cadastres et aux différentes demandes administratives.
- Ces frais sont appelés débours
- Ils correspondent à des avances faites par le notaire pour le compte de l’acheteur
- En moyenne, ces frais s’élèvent à environ 1 400 €, mais ils peuvent varier.
Quand toutes les formalités sont terminées, le notaire envoie un décompte final. Parfois, l’acheteur récupère un léger surplus.
4. La contribution de sécurité immobilière
Chaque vente immobilière doit être enregistrée officiellement. Cette formalité donne lieu à une taxe appelée contribution de sécurité immobilière.
- Taux fixe : 0,10 % du prix du bien
- Montant minimum: 15 €
Quel est le taux des frais de notaire ?
Les frais de notaire correspondent à un pourcentage du prix d’achat. Le taux dépend surtout du type de bien :
- Bien ancien : environ 7 à 8 % du prix d’achat
- Bien neuf : environ 2 à 3 % du prix d’achat
Ces frais augmentent beaucoup le coût total d’un achat. Il faut donc toujours les inclure dans vos calculs, surtout si vous investissez dans le locatif. Il faut vraiment bien les évaluer pour calculer correctement la rentabilité de vos investissements immobiliers.
1. Les frais de notaire pour un achat dans le neuf
Lors d’un achat immobilier dans le neuf, les frais de notaire sont nettement plus faibles que dans l’ancien. Ils représentent en moyenne 2 à 3 % du prix d’achat. Cette différence s’explique principalement par une fiscalité allégée : les droits d’enregistrement sont nettement plus faibles, car le bien est soumis à la TVA.
Les frais de notaire dans le neuf comprennent principalement
Avec ce taux réduit, acheter dans le neuf permet de réduire le coût total de l’acquisition. C’est un vrai atout à prendre en compte dans une simulation financière, surtout pour les investisseurs qui veulent optimiser leur budget ou leur rentabilité.
2. Les frais de notaire pour un achat dans l’ancien
Pour un achat dans l’ancien, les frais de notaire sont plus élevés et représentent en moyenne 7 à 8 % du prix d’achat. Cette hausse vient surtout des droits de mutation, qui représentent la plus grande part des frais et sont versés à l’État et aux collectivités locales.
Même si ces frais sont plus élevés, l’ancien reste souvent plus accessible à l’achat et permet davantage de négociations. Il est donc important de les prévoir dès le début du budget, car ils influencent le coût réel du bien et, pour un investissement locatif, la rentabilité finale.
Comment calculer les frais de notaire
Christophe nous a contactés pour connaître le montant de ses frais de notaire. Il prévoit l’achat d’un bien immobilier au prix de 300 000 €. Pour y voir clair, nous avons fait le calcul détaillé de ses frais.
Pour un achat de 300 000 €, Christophe devra payer environ 22 496 € de frais de notaire.Contrairement à ce que beaucoup pensent, la majorité de cette somme ne revient pas au notaire. Une bonne partie sera reversée à l’État et aux collectivités.
Si l’on décompose ce montant, on retrouve d’abord les émoluments TTC du notaire, qui s’élèvent à 3 416 €. Viennent ensuite les droits et taxes, pour un montant de 17 419 €. Les frais de formalités et les débours s’élèvent à 1 360 €. Enfin, la contribution de sécurité immobilière s’élève à 300 €.
Au total, l’ensemble de ces éléments nous donne un montant de 22 496 €.
Parmi ces frais, on distingue trois grandes catégories.Tout d’abord, les impôts et taxes représentent environ 80 % du total.Cette part revient intégralement à l’État ou à ses représentants.
Ensuite, il y a les frais de débours et de dossier, qui représentent environ 5 à 10 %.Ces sommes ne vont pas directement dans la poche du notaire.Elles servent à couvrir les coûts liés aux démarches administratives, telles que l’urbanisme ou le cadastre.
Enfin, il y a la rémunération réelle du notaire, qui représente entre 10 et 15 % du total.
Simulateurs de frais de notaire
Pour estimer précisément les frais liés à l’achat d’un bien immobilier, il existe plusieurs simulateurs fiables en ligne. Ces outils permettent de connaître le montant total à prévoir et la répartition entre taxes et rémunération du notaire, selon votre projet.
L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) propose un simulateur complet et officiel. Il prend en compte différents paramètres pour fournir une estimation réaliste des frais de notaire en fonction du type de bien et de sa localisation.
Les Notaires de France proposent également un outil détaillé pour calculer les frais en fonction du type de bien (ancien, neuf ou terrain), du département, du prix d’acquisition, du montant du mobilier inclus et du mode de financement. Cet outil donne le montant total des frais et leur répartition, ce qui aide à mieux comprendre le coût réel de la transaction.
Ces simulateurs sont très utiles pour anticiper votre budget, comparer différents scénarios d’achat et préparer votre projet immobilier en toute tranquillité.
Conclusion
Les frais de notaire sont un élément incontournable à prendre en compte lors de l’achat d’un bien immobilier. Bien qu’ils puissent sembler élevés, ils reflètent principalement des taxes reversées à l’État et aux collectivités locales, tandis que la rémunération effective du notaire n’en représente qu’une petite partie.
Comprendre leur composition, les critères qui les influencent et les différences entre neuf et ancien permet d’anticiper correctement son budget et d’éviter les mauvaises surprises.
Pour bien préparer votre achat, il est conseillé d’utiliser un simulateur de frais de notaire pour obtenir une estimation précise selon le type de bien, sa localisation et votre mode de financement. Ainsi, primo-accédants et investisseurs pourront sécuriser leur projet immobilier et optimiser leur budget en toute sérénité.

