Tous savoir sur le compromis de vente

Lorsqu’on achète un bien immobilier, le compromis de vente constitue une étape clé. Même s’il semble parfois n’être qu’une formalité, il s’agit en réalité d’un engagement juridique essentiel qui encadre la transaction et protège à la fois l’acheteur et le vendeur.

Bien comprendre le rôle, le contenu et les conséquences du compromis de vente permet d’éviter les mauvaises surprises et d’avancer plus sereinement dans son projet immobilier.

Qu’est-ce qu’un compromis de vente ?

Le compromis de vente est un avant-contrat par lequel le vendeur s’engage à vendre un bien immobilier à un prix déterminé, et l’acheteur s’engage à l’acheter, sous réserve de certaines conditions.

On dit souvent que le compromis vaut vente, car il engage les deux parties sur le plan juridique. La signature de l’acte authentique auprès du notaire viendra ensuite officialiser la transaction.

Le compromis peut être signé :

  • Chez un notaire
  • En agence immobilière
  • Entre particuliers

Peu importe où il est signé, le compromis a la même valeur juridique s’il est conforme aux règles légales.

Pourquoi le compromis de vente est-il indispensable ?

Le compromis de vente sécurise la transaction en fixant clairement toutes les conditions.

Il sert à réserver le bien pour une période donnée, à fixer le prix de vente et les modalités de paiement, et à préciser les délais importants, comme pour obtenir un prêt ou signer l’acte définitif.

Il précise également les conditions de rétractation ou d’annulation, ce qui offre un cadre juridique clair et limite les risques de litiges avant la vente finale.

Quelle est la différence entre un compromis de vente et une promesse unilatérale de vente ?

Le compromis de vente n’est pas la seule forme de promesse de vente qui existe.

C’est une promesse synallagmatique de vente, c’est-à-dire avec un engagement des 2 parties, à ne pas confondre avec la promesse unilatérale de vente, qui engage seulement le vendeur.

Selon l’article 1124 du Code civil, la promesse unilatérale est un contrat par lequel une personne, le promettant, s’engage envers une autre, le bénéficiaire, à conclure un contrat dont les éléments essentiels (comme le bien et le prix) sont déjà fixés. Il ne manque alors que le consentement du bénéficiaire pour que le contrat se forme.

Pendant le délai laissé au bénéficiaire pour décider, le promettant ne peut pas revenir sur sa promesse et vendre le bien à quelqu’un d’autre.

De plus, si un tiers, sachant l’existence de cette promesse, conclut un contrat avec le promettant en violation de celle-ci, ce contrat est nul.

Pour résumer:

  • Un compromis de vente engage les deux parties : le vendeur promet de vendre son bien et l’acheteur promet de l’acheter.
  • Une promesse unilatérale engage seulement le vendeur, tandis que l’acheteur reste libre de décider s’il veut acheter ou non.

Quel est le contenu d’un compromis de vente ?

Un compromis de vente doit inclure les informations suivantes:

  • Les informations sur les parties ;
  • Les informations sur le bien ;
  • Les informations sur la vente.

1. Les informations sur les parties

Naturellement, le compromis de vente doit indiquer les coordonnées du vendeur et de l’acheteur (nom, prénom, etc.).

Dans le contrat, il est convenu comme suit :

  • Le promettant, c’est-à-dire le propriétaire du bien immobilier, s’engage à accorder au bénéficiaire le droit d’acquérir le bien identifié ci-dessous.
  • Le bénéficiaire, en tant qu’acheteur potentiel, accepte également cet engagement.

2. Les informations sur le bien

Ensuite, pour le bien concerné par la vente, le compromis doit inclure les informations suivantes :

  • L’adresse du bien;
  • L’historique du bien : la date de la précédente vente, le nom du précédent propriétaire, les actes relatifs aux précédentes ventes;
  • Le descriptif détaillé du bien et de ses équipements;
  • L’existence d’une servitude et/ou d’une hypothèque sur le bien;

Bon à savoir : si le bien vendu est en copropriété, il faut également indiquer les informations relatives à la copropriété.

3. Les informations sur la vente

Enfin, parmi les informations obligatoires, la promesse de vente doit mentionner les éléments suivants :

  • Le prix de vente du bien et les modalités de paiement, notamment si l’achat se fait avec ou sans prêt immobilier;
  • La durée de validité de la promesse de vente;
  • La date limite de signature de l’acte de vente définitif;
  • La date de disponibilité du bien;
  • Les conditions d’exercice du droit de rétractation;
  • Le montant des honoraires du professionnel chargé de la vente;

Bon à savoir : il est recommandé d’ajouter autant d’informations que possible sur la propriété dans ce contrat. Cela permet à l’acheteur de connaître le bien en détail avant de signer et de comprendre toutes ses caractéristiques.

Délais et conditions de rétraction

L’article L. 271-1 prévoit que l’acquéreur bénéficie d’un délai de rétractation de 10 jours pour tout achat d’immobilier à usage d’habitation. Ce délai commence le lendemain de la notification ou de la remise de l’acte (compromis ou promesse), effectuée par lettre recommandée ou par un moyen équivalent.

Si l’acte est signé directement en forme authentique, sans avant-contrat, l’acquéreur dispose d’un délai de réflexion de 10 jours, pendant lequel aucune signature définitive ne peut avoir lieu.

Le droit de rétractation ou de réflexion doit être clairement mentionné dans l’acte. En cas de manquement à cette obligation d’information, des sanctions financières peuvent être prononcées à l’encontre du professionnel.

Rétraction de l’acheteur

Si l’acheteur veut exercer son droit de rétractation, il doit envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception au vendeur, en précisant clairement qu’il renonce à l’achat.

Il n’est pas nécessaire de justifier cette rétractation. Si l’acheteur se rétracte dans le délai prévu, il récupère toutes les sommes versées, y compris le dépôt de garantie.

En revanche, si le délai est dépassé, le vendeur peut garder les sommes versées.

Rétraction du vendeur

En revanche, si vous êtes vendeur, vous êtes engagé dès la signature de la promesse de vente.

Ainsi, si vous changez d’avis après avoir signé, l’acheteur peut demander à la justice de vous obliger à conclure la vente**.**

Les erreurs à éviter lors de la création d'un compromis de vente

Même si le compromis de vente est un document courant dans une transaction immobilière, il engage juridiquement les deux parties.

Certaines erreurs, même si elles semblent mineures, peuvent avoir des conséquences financières ou juridiques importantes.

1. Bien lire attentivement le document

Chaque clause du compromis a une importance juridique précise. Ne pas lire attentivement le document peut entraîner l’acceptation de délais trop courts, de pénalités élevées ou d’obligations mal comprises.

Il est essentiel de vérifier toutes les informations : prix, conditions suspensives, délais, répartition des frais et clauses particulières.

2. Oublier ou mal formuler une condition suspensive

Les conditions suspensives, notamment celle liée à l’obtention du crédit, constituent un élément clé pour protéger l’acheteur.

Si une condition est mal rédigée ou incomplète, il peut être impossible d’annuler la vente en cas de refus de prêt ou de problème administratif, ce qui peut entraîner la perte du dépôt de garantie pour l’acheteur.

3. Sous-estimer les délais

Les délais pour obtenir le financement, lever les conditions suspensives ou signer l’acte définitif doivent être réalistes.

Des délais trop courts peuvent mettre l’acheteur en difficulté et entraîner l’annulation de la vente ou l’application de pénalités.

4. Négliger les diagnostics et la situation du bien

Il est important de vérifier la conformité des diagnostics techniques, ainsi que l’existence de servitudes, d’hypothèques ou de litiges en cours. Un manque d’attention à ces points peut retarder la vente ou révéler des contraintes majeures après la signature.

5. Signer sans accompagnement professionnel

Signer un compromis sans l’avis d’un notaire ou d’un professionnel de l’immobilier peut accroître les risques.

Un accompagnement permet de sécuriser la rédaction du document, d’anticiper les problèmes potentiels et de s’assurer que le compromis protège correctement les intérêts de l’acheteur comme ceux du vendeur.

En évitant ces erreurs, vous sécurisez la transaction et vous procédez à la signature de l’acte définitif dans de bonnes conditions.

Conclusion

Le compromis de vente est bien plus qu’un simple document administratif. Il constitue la base juridique de toute transaction immobilière et joue un rôle clé dans la réussite de votre achat.

Prendre le temps de bien comprendre le compromis, de le lire attentivement et de s’entourer de bons professionnels permet d’avancer sereinement vers la signature définitive.

Un compromis bien préparé, c’est un projet immobilier sécurisé et maîtrisé.

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